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Ma bibliothèque - Page 17

  • ACTU ET NOSTALGIE N°7

    Colonies 01.jpgLa nostalgie oserait-elle faire du mauvais esprit ?

    La question n’est pas incongrue depuis que nos anciennes colonies des Caraïbes s’emploient à nous donner mauvaise conscience.

    Puisque « nos Antilles » sont à la mode, côté exotisme social ou assistanat exotique – selon notre lecture de l’actualité – je ne résiste pas au plaisir de vous proposer une petite leçon de géographie à la gloire de nos lointaines colonies.

    Un petit extrait de la préface permet d’apprécier le ton de la démonstration.
    Et le corpus de la leçon nous permet de découvrir les spécificités de ces deux îles, déjà consacrées en 1900 comme de « véritables départements français »…

    PRÉFACE —
    « Développer l’intelligence est bien, former le caractère est mieux. Tout en montrant à nos fils une source nouvelle d’activité, d’énergie, nous avons pris soin de les mettre en garde contre un égoïsme brutal qui fait bon marché des droits d’autrui. Nous n’avons eu qu’à leur rappeler notre tradition nationale : bonté envers les faibles, justice dans nos rapports avec les autres peuples, spécialement avec les indigences de nos colonies. »

    LEÇON —
    La Martinique a une sœur : la Guadeloupe. Les deux îles ont le même climat, les mêmes cultures, les mêmes habitants ; elles ont eu les mêmes destinées.
    La Guadeloupe se compose de deux îles, à peine séparées par un détroit pas plus large qu’une rivière. L’une, la Guadeloupe, proprement dite, à l’ouest, est très montagneuse, abrupte, et ses sommets dépassent 1.400 mètres : ce sont, pour la plupart, des volcans. L’autre île, la Grande-Terre, est calcaire, plate, sa plus haute cime n’a pas 120 mètres !
    Toutes deux sont bien cultivées. Mais, tandis qu’à la Guadeloupe, trop montagneuse, les plantations n’occupent guère que le littoral, à la Grande-Terre, l’intérieur est couvert de vastes champs de cannes dont le sucre est expédiés à Pointe-à-Pitre, un des plus beaux ports des Antilles, et, de là, en Europe.
    La Pointe-à-Pitre a subi bien des désastres dont un seul eût suffi pour détruire à jamais une ville moins bien située et moins active. Successivement renversée par un tremblement de terre, détruite de fond en comble par des incendies, ravagée par les ouragans, elle s’est toujours relevée, et, au lendemain de chaque catastrophe, elle est encore si vivante, si coquette, qu’on ne peut croire à ses malheurs passés.
    Comme la Martinique, la Guadeloupe est surpeuplée. Ces deux îles sont de véritables départements français où il n’y a plus place pour de nouveaux colons.

    Source : JOSSET (E.) – À travers nos colonies – Livre de lectures sur l’histoire, la géographie , les sciences et la morale – cours moyen et supérieur – (Paris, Librairie Armand Colin, 3ème édition, 1903)

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  • STÉRÉOTYPE SCOLAIRE N°1

    Pérochon 01.jpgLa nostalgie ne se plairait-elle pas à entretenir les stéréotypes ?

    La question revient périodiquement au gré des savantes recherches qu’affectionnent de gentils pédagogues en mal de procès en sorcellerie.

     Pour inaugurer cette NOUVELLE RUBRIQUE, jetons un regard nostalgique – et non moins humoristique – sur la « représentation des hommes et des femmes dans les livres scolaires », celle qui indigne tant les clercs adeptes du « pédagogiquement correct »

    De brillantes synthèses ont déjà dressé l’histoire mouvementée de cette querelle d’experts, cherchant à tout prix à faire cohabiter la chèvre et le chou, entre respect d’une éthique pédagogique  et liberté du marché éditorial.

     Difficile dès lors de verser de nouveaux éléments à ce lourd dossier. Donnons-lui simplement un peu de légèreté en extirpant ces savoureuses pages de jadis qui cultivent des sous-entendus aussi navrants que tenaces. Juste pour le plaisir de redécouvrir les « schémas sexistes » de nos parents et grands-parents…

    À l’exemple de ce jeu de dînette tout à la gloire d’une belle vocation : « maîtresse de maison », respectueuse panoplie de la « femme au fourneau ».

     

    EXTRAIT –

    La tante de Jeannette lui a donné de petits meubles de poupée et une batterie de cuisine.

    Jeannette est très contente ; elle a invité Léa, son amie, à venir jouer avec elle.

    Jeannette montre à Léa ses chaises, sa petite table, son guéridon, son armoire à glace et le lit où elle a couché Josette, sa poupée.

    Elle lui montre aussi ses assiettes, ses tasses, ses plats, et son fourneau.

    Puis les deux fillettes jouent.

    Jeannette est la maîtresse de maison. Léa vient en visite.

     Source : PÉROCHON (Ernest) – Au point du jour – Premier livre de lecture courante

    (Paris, Librairie Delagrave, 1959, 16 sur 22 cm, 127 pages)

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    Deux sources pour éclairer votre opinion sur le sujet :

    - Une question écrite d’un sénateur au Ministre de l’Éducation nationale

    http://www.senat.fr/questions/base/1997/qSEQ970701417.html

    - Une étude exhaustive : « Les manuels de lecture de CP sont-ils encore sexistes ? »

    http://www.congresintaref.org/actes_pdf/AREF2007_Christine_FONTANINI_108.pdf

     

  • BEAU LIVRE D'ÉCOLE N°16

    Riche & Pauvre 01.jpgLa nostalgie suffirait-elle à abolir la « lutte des classes » ?

    Il est permis de le croire grâce au « beau livre rare » que j’ai le plaisir de vous présenter aujourd’hui.

    Sur une trame similaire à celle de l’inoxydable « Tour de la France par deux enfants » — un voyage initiatique de deux enfants à travers l’hexagone — la morale républicaine s’en donne à cœur joie : l’instruction et le mérite ont raison des différences sociales. La « méritocratie » transcende désormais toutes les « inégalités », et devient l’arbitre impartial des talents individuels.

    Trop angélique ? Trop moraliste ? Trop libéral ? Ce message peine, aujourd’hui, à se faire entendre dans notre République complaisante qui, au nom de la paix civile, se plaît à confondre égalitarisme, égalité des chances et « discrimination positive ».

    Preuve par l’absurde : quel éditeur scolaire oserait aujourd’hui choisir ce titre provocateur — « Riche et Pauvre » — pour un livre de lecture courante ?

     

    EXTRAIT –

     « L’histoire est simple. C’est celle de deux petits garçons qui comblent par l’amitié et le dévouement mutuel la distance que semblait avoir mise entre eux la fortune. C’est qu’en réalité les rangs sociaux n’existent plus. Il n’y a plus, à proprement parler, de « classes ». Chacun peut sortir de sa condition première, s’élever – ou s’abaisser – suivant son mérite. C’est affaire d’instruction et de volonté. Paul Le Carpentier, Pierre Couvreur, le soi-disant « riche » et le soi-disant « pauvre » sont tous deux riches de bons sentiments, d’énergie, de moralité. Aussi peuvent-ils, l’un comme l’autre, braver les accidents de la fortune, et parvenir enfin au même bonheur, à la même utilité sociale, en demeurant toujours fraternellement unis, en exposant à l’occasion leur vie l’un pour l’autre. Ce sont de bons citoyens et d’excellents petits Français. »

     Source : ROCHEBLAVE (S.) – Riche et Pauvre – Livre de lecture courante – cours moyen et supérieur - 

    (Paris, Librairie Larousse, s.d., 11,5 sur 18 cm, 270 pages)

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