28 février 2009
ENFIN UN JEU DÉMOCRATIQUE !
La nostalgie a-t-elle encore assez de charmes pour embellir le « noble jeu » ?
Les progrès technologiques nous permettent d’en douter, surtout depuis que de puissants logiciels ont mis à mal les « variantes romantiques » du jeu d’échecs, celles que nos ancêtres pratiquaient au XIXème siècle, et dont nous ne cessons d’admirer aujourd’hui encore l’audace fougueuse.
À en croire la récente actualité, notre jeu préféré est promis, au cours du XXIème siècle, à conjuguer performances informatiques, élégance esthétique et valeurs démocratiques… Rien moins que tout cela !
C’est ce que vient de nous démontrer avec talent le designer Michæl Marcovici, créateur du premier « jeu d’échecs démocratique » dont chaque pièce intègre une caméra, aidant à choisir entre elles le meilleur coup, et associant le jouer humain au jugement de la position…
Pièces et pions communiquent entre eux pour échanger leur choix stratégique. Le joueur humain est libre de les interpeller pour les inviter à mieux réfléchir…
Sur l’échiquier, les objets ont désormais une âme. Reste à savoir si la somme des opinions individuelles forment la « volonté générale », cet alibi décisionnel que seule la démocratie fut capable d’inventer pour asseoir sa légitimité !
Deux sites pour découvrir cette curieuse machine à décider :
http://www.gizmodo.fr/2009/02/22/un-jeu-dechecs-aussi-dem...
http://sites.google.com/site/artmarcovici/democratic-chess


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10 septembre 2008
NOBLE JEU ET BEAU LIVRE N° 6
La nostalgie embellit le « noble jeu » lorsqu’on prend plaisir à s’immerger dans un vieux manuel d’échecs. « Plaisir des échecs », c’est justement le titre du sympathique livre que j’ai l’honneur de vous présenter aujourd’hui.
Il s’adresse aux amateurs éclairés, penserait-on de prime abord, parce que son ambition est plus de distraire que d’enseigner, et surtout de mettre à l’épreuve notre perspicacité tactique. Mais le plus humble « pousseur de bois » puisera là l’envie d’apprendre et de progresser au fil des petites merveilles combinatoires qui, pour ajouter à notre bonheur, sont souvent illustrées d’anecdotes savoureuses. Miroir d’une époque où les livres d’échecs savaient aussi nous amuser, loin des démonstrations arides, - aussi cartésiennes que rébarbatives - dont se satisfont hélas les Grands Maîtres d’aujourd’hui.
Source : ASSIAC – Plaisir des échecs (Paris, Payot, 1958, 12 sur 18,5 cm, 238 pages)
EXTRAIT-
"L’élément de chance n’intervient aux échecs que dans la mesure où il est toujours possible à votre adversaire d’être victime d’une crise soudaine de « cécité échiquéenne ». Il peut fort bien arriver, d’ailleurs, que les deux adversaires souffrent simultanément du même mal. Pour être joueur d’échecs on n’en est pas moins homme ; lequel de nous ne garde pas le triste souvenir de quelque cas où, après avoir étudié à fond une combinaison complexe jusqu’au sixième ou septième coup, nous avons laissé une pièce en prise, ou même n’avons pas vu un mat en un coup ?
Un cas typique de cette « cécité double » se produisit dans la partie Fairhurst-Reshevsky à Hastings, en 1937. Dans la position du diagramme ci-dessous, Reshevsky joue…h6 et quand Fairhurst répondit Dh5, Reshevsky para la menace par…Tf8. À ce moment, et, qui plus est, pendant les trois coups suivants, ni l’un ni l’autre des maîtres ne s’aperçut que les Noirs avaient un gain immédiat, forcé, et de plus très joli."

Les Noirs jouent et font mat en cinq coups.
NB- Les experts qui nous communiqueront la combinaison gagnante - dans la rubrique « commentaires » - auront droit à une citation honorifique sur ce blog de très haute tenue culturelle !


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