06 octobre 2009
MÉMOIRE D'ÉCOLE
La nostalgie se prêterait-elle au narcissisme ? Question incongrue, me direz-vous. Même si cette chronique semble la justifier.
Plaisir narcissique en effet que de saluer ma dernière parution. Ou plus exactement ma première réédition.
La première édition de Mémoire d’école a déjà douze ans ! Elle traça, à ma modeste échelle, un sillon nostalgique qui allait m’inspirer une vingtaine d’opus dans la même veine. Assez de quoi me condamner à perpétuité à l’évocation du passé, à défaut de ne pas savoir prédire l’avenir…
Impression étrange que de redécouvrir cet « album de convictions », miroir des passions culturelles que nous aimons tant partager.
Passion des brocantes, tout d’abord. Là où l’on trouvait — l’imparfait est hélas de rigueur — des livres « rares », des belles images et des objets insolites…
Passion de la littérature aussi. Là où l’on puise de tendres émotions parmi les grands œuvres de nos auteurs préférés.
Passion pour certaines grandes valeurs, enfin, si malmenées dans ce XXIe siècle qui, à trop vouloir inventer la modernité, n’ose plus se référer au passé. L’égalité des chances, les vertus de la discipline, le goût de l’effort, la reconnaissance du mérite : que des choses pas commerciales à la gloire de l’Instruction publique, la vraie, celle qui savait instruire et éduquer.
Avec Mémoire d’école, osons réhabiliter la bonne conscience républicaine…

Mémoire d’école — Éditions Hors Collection, octobre 2009, 24,5 sur 29,5 cm, 128 pages, 19 €
10:38 Publié dans Mes publications | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : école, république, laïcité, nostalgie
25 juin 2009
ACTU ET NOSTALGIE N°9
La nostalgie trouve-t-elle sa place dans la nouvelle pratique républicaine ?
La question n'est pas incongrue lorsqu'on observe le matraque dialectique qui a accompagné le dernier remaniement ministériel.
Bien que notre constitution, dans son article un, érige la France en une « République indivisible », assurant « l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion », le zélé clergé médiatique célèbre à l'envi une nouvelle vertu républicaine : la « diversité »...
Le signifiant, - synonyme de richesse, de tolérance, d'ouverture d'esprit -, est flatteur, certes. Mais le signifié peine à dissimuler un artifice sémantique de langue de bois, tout acquis à la dictature émolliente du consensus.
Diversité : ce substantif « politiquement correct » nous donne l'illusion de la parfaite représentativité de la « France d'en haut », à l'issue d'un remaniement ministériel aux allures de casting cinématographique.
Au nom de la diversité, il convient de nommer X ou Y, « brillantes françaises d'origine maghrébine ou africaine ». Comme si cette AOC ethnique suffisait à garantir la compétence et à démontrer la magnanimité condescendante de la Nation à l'endroit des heureux nouveaux ministres. Comme si la République devait désormais décliner le pedigree racial de ces élites, en témoignage d'une « intégration exemplaire » qui agrémente la vitrine de la modernité.
Au nom de la diversité, il faut aussi promouvoir ministre une personnalité sympathique et populaire, étiquetée « Vu à la télé ». La proximité passe désormais, paraît-il, par le grand écran plat à technologie HD. Et la crédibilité procède exclusivement de l'audimat.
Au nom de la diversité, il faut encore éjecter sans ménagement celles et ceux qui se sont défoncés... pour céder la place à d'autres qui se défonceront aussi, « au service de la République française ». On nous invite alors à oublier les premiers et à admirer les seconds. Parce qu'un bon citoyen doit avoir la mémoire courte.
Comble de l'ironie, la langue de bois réveille une maxime cynique du Père la Victoire, Georges Clemenceau : « La reconnaissance n'est pas une vertu démocratique. »
Un théorème séculaire promis à l'éternité.
Miroir d'une époque où le langage politique assumait ses propres turpitudes. Assez de quoi nourrir un peu de nostalgie... républicaine.

22:30 Publié dans Mon humble avis | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : république, gouvernement, politique
04 septembre 2008
PAGE D'HISTOIRE N°5
Pourquoi la nostalgie ne servirait-elle pas à réveiller des commémorations oubliées ?
Jadis, le 4 septembre comptait parmi les grandes dates de l’Histoire de France.
Aujourd’hui, elle n’inspire même plus les laïcards les plus zélés…
Est-ce parce que la République, si bien admise et installée, ne mérite plus d’être célébrée ?
Ou parce que l’adoption de nos institutions républicaines, en 1877, procède d’un capricieux retournement de la représentation nationale, à l’image des combinaisons politiciennes dont notre « cher et vieux pays » a le secret ?
Ou encore parce qu’elle évoque une douloureuse défaite militaire qu’il serait indécent, ou peu glorieux, de remémorer ?
Chacune de ces questions tient sans doute une part de la réponse…
Alors plutôt que de nous inventer de belles excuses, prenons plaisir à feuilleter nos vieux manuels scolaires qui nous expliquent, avec une grandiloquence toute patriotique, combien nos ancêtres ont souffert pour enfanter ce curieux régime.
Hommage à de vrais pédagogues qui n’avaient pas besoin d’inventer un « devoir de mémoire » pour enseigner l’Histoire de France.

EXTRAIT –
Au mois de juillet 1870, Napoléon III déclare la guerre au roi de Prusse. Mais plusieurs princes allemands s’allient à celui-ci contre la France. Napoléon III, au contraire, n’a aucun allié.
La guerre franco-allemande commence très mal pour les Français et aboutit rapidement à une catastrophe : l’armée française est encerclée par l’armée allemande dans le nord de la France, à Sedan. Napoléon III lui-même est fait prisonnier.
Le désastre de Sedan entraîne la fin du Second Empire : le 4 septembre, Gambetta et les autres chefs républicains proclament le rétablissement de la République. Cependant, ils n’ont pas le temps d’organiser le nouveau gouvernement républicain. Il faut en effet avant tout continuer la guerre.
En octobre 1870, Paris est assiégé par les Allemands. Gambetta décide de sortir de Paris pour pouvoir diriger la guerre. Il quitte la ville assiégée dans un ballon. Malgré tous le efforts de Gambetta, la France subit de nouvelles défaites avec la Prusse en 1871. Elle doit céder au roi de Prusse l’Alsace et la Lorraine.
Source : BONIFACIO (A.) & MARÉCHAL (P.) – Histoire de France - cours élémentaire et moyen - (Paris, Classiques Hachette, 1956)

18:57 Publié dans Ma bibliothèque | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : république



