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Mon humble avis - Page 9

  • ACTU & NOSTALGIE N°30

    Descartes.jpgLa nostalgie se prête-t-elle à de hautes considérations métaphysiques ? Si vous en doutez encore, le débat que je vous propose de suivre devrait suffire à vous convaincre.

    Certes il est passé inaperçu, pour s’être tenu sur une chaîne internet assez confidentielle – Télé KTO — et fort bien pensante au demeurant.

    Certes, dès les premières minutes de présentation, on pense être confronté à un gag tant les protagonistes — deux journalistes philosophes et une présentatrice peu rassurée — sont la caricature d’eux-mêmes.

    Certes, les échanges se complaisent à labourer des lieux communs autour des « diverses formes de nostalgie contemporaine »

    Mais l’essentiel est ailleurs : la nostalgie est capable d’explorer le terrain philosophique, bien au-delà de l’acception pathologique dans laquelle l’enfermait jadis le dictionnaire Littré.

    « Mal du pays, dépérissement causé par un désir violent de retour dans sa patrie », résumait le docte thésaurus.

    Mutatis mutandis : en notre XXIe siècle désenchanté, ne serions-nous pas déracinés, déroutés, déboussolés par une mondialisation déshumanisée ? Alors que vive la nostalgie, si elle nous raccroche aux multiples délices d’un passé à jamais inaccessible !

    Passé, présent, futur : le temps recèle de si belles émotions.

    Libre à chacun d’en jouir comme il aime…pendant qu’il en est encore temps.



    C’était mieux avant ? La nostalgie, moteur de... par college-des-bernardins


  • ACTU ET NOSTALGIE N°25

     

    Apple.jpgLa nostalgie peut-elle s’emparer de la technologie ? Aucun doute n’est permis quand on voue une admiration révérencieuse à Steve Jobs qui, à en juger la pluie d’hommages posthumes, restera pour longtemps le «visionnaire» de l’informatique mise au goût de l’environnement domestique.

    Simplicité, commodité, design : ces trois atouts majeurs du concept de l’ordinateur tout en un, à la mode Apple, ont été déterminants dans mon initiation à la bureautique. Du révolutionnaire MacPerforma à l’élégant iBook G3, l’univers Mac a aussi guidé mes premiers pas sur la Toile, jusqu’à me convertir à l’implacable dictature téléphonique du iPhone, tribut ordinaire de l’humble prolétaire télétravailleur.

     

    MacPerforma.jpg

    iBook-G3.jpg

    Impossible dès lors d’oublier l’œuvre fondatrice de Steve Jobs dont tout le talent s’ingénia à rendre plus doux notre asservissement à la machine. Avec la sereine certitude de son pouvoir de séduction. Pour preuve, les adeptes du PC se convertissent en nombre aux charmes d’Apple et peu d’adeptes du Mac se risquent à régresser avec une configutation PC…

    Autant dire que la nostalgie Apple a de beaux jours devant elle, dans le droit fil de son éternelle modernité.

    Steve Job.jpg

     

     

     

     

     

     

  • ACTU ET NOSTALGIE N°21

    Conscience - copie.jpgLa nostalgie serait-elle mauvaise conseillère ? Nous sommes en droit de nous interroger pour ce qui regarde le retour de la morale à l’école, tel que le préfigure une circulaire de l’Éducation nationale (encore une !) pour la rentrée 2011.

     Cf. écho de presse in Le Figaro de ce jour — Le figaro-P-1-22-06-2011.jpg

     Plutôt que nous demander si « c’était vraiment mieux avant », ou même s’il est urgent d’y revenir, trois vérités têtues viennent hélas « donner un méchant coup de vieux » à cette louable initiative ministérielle…

     — Première vérité : sans leur faire injure, nos instituteurs d’aujourd’hui n’ont plus la prestance des « hussards noirs de la République », chers à Péguy. Sur le plan social, cette fonction incarnée ne jouit plus du prestige d’antan. Maintenant que la justice s’en mêle, la dignité vestimentaire de nos enseignants est déjà une cause perdue puisque la Cour d’appel de Paris a reconnu tout récemment qu’un enseignant affublé d’un bermuda, sous prétexte qu’il fait très chaud, est habilité à faire son cours… Mais l’arrêt ne précise pas si le magistrat était en short au moment du délibéré.

     — Deuxième vérité : la morale, conçue jadis comme la « science des devoirs », participait à la promotion de la méritocratie républicaine. Pour prétendre devenir un bon citoyen, il  fallait être bien instruit et bien élevé. À l’école, les cours de morale s’accompagnaient d’une consécration rituelle en fin d’année. La cérémonie de distribution des prix saluait autant les mérites de l’enfant travailleur que les vertus de l’enfant serviable. Les prix de camaraderie et de politesse n’étaient-ils pas aussi enviés que les prix de rédaction et d’histoire-géographie ? Si l’Éducation nationale veut renouer efficacement avec la morale à l’école,  pourquoi ne pas aller jusqu’au bout du symbole républicain : rétablir le cérémonial de la distribution des prix ?

    Maxime Morale.copie.jpg

    — Troisième vérité : les cours de morale proposaient à l’élève un modèle référentiel de comportement, promis à lui livrer les clefs de la considération, à défaut de lui ouvrir les portes de la réussite sociale…

    Puisque nos élites ne montrent pas toujours l’exemple, puisque la morale, si gentillette et naïve, campe aux antipodes des turpitudes de notre monde moderne, comment redonner un souffle de vie aux maximes écrites sur le tableau noir ? C’est à la fois le drame et l’honneur des leçons de morale : prôner des valeurs que nargue à l’envi la dictature ricanante du fric facile et de la jouissance immédiate. Faut-il alors abdiquer ? Faut-il persévérer ?

    Comme l’indignation est dans « l’air du temps », choisissons alors de résister. Osons rêver à un monde meilleur. Laissons-nous bercer par ces belles maximes de morale, avec le plaisir de nous acheter une conduite, au nez et à la barbe des tricheurs…

    Même si tout était mieux avant. Même si rien ne sera jamais comme avant. Foi de nostalgique !

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    À MÉDITER —

    « Mes enfants, les proverbes que vous voyez au mur de cette classe correspondaient peut-être jadis à une réalité disparue. Aujourd’hui, on dirait qu’ils ne servent qu’à lancer la foule sur une fausse piste pendant que des malins se partagent la proie ; si bien qu’à notre époque le mépris des proverbes, c’est le commencement de la fortune… »

    Marcel PAGNOL — Topaze (1928)

     

    CahierMorale - copie.jpg

    Pour les enseignant(e)s en quête de pédagogie à l’endroit des maximes de morale, mon livre est bien sûr une référence… Avec la modestie que la morale oblige, bien sûr !

    Jacques GIMARD — Cahier pratique de morale (Paris, Éditions Hors Collection, avril 2009, 15,5 sur 23,5 cm, 96 pages, illustrations NB, 12 €)