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Mon humble avis - Page 7

  • ACTU & NOSTALGIE N°38

    Crise.jpgSi la nostalgie flotte si bien dans « l’air du temps », n’est-ce pas imputable à l’ambiance de crise qui n’a pas son pareil pour plomber l’humeur contemporaine ?

    Crisis ? What Crisis ? C’était, souvenez-vous, le titre d’un album de Supertramp, sorti en... 1975. Le mot fêtera bientôt ses quarante ans. Anniversaire promis à la discrétion tant le signifiant a imprégné les comportements des générations post-Trente Glorieuses ?

    Suggérant d’autres mots-clefs guère plus enthousiasmants — empêchement, expectative, fatalité, incertitudes, prudence, récession, renoncement, etc. — ce mot anxiogène est aussi le prétexte de vivre un présent en suspens, dans l’attente d’une sortie… de crise bien sûr.

    Alors le mot s’accroche à nos certitudes, jusqu’à venir expliquer tous nos maux, grands ou petits.

    « Sommes-nous comme ça » parce que c’est la crise ? Ou est-ce la crise parce que « nous sommes comme ça » ? À chacun d’expliquer sa façon de vivre avec… Comme si la résilience se proposait de nous guérir. Avec la promesse que tout ira mieux après.

    Si la crise offre un levier de conspiration pour les spéculateurs,  elle est aussi source d’inspiration pour les artistes. Alors soudain, elle devient plus gaie, presque agréable à vivre. À l’image de ce morceau de bravoure en chanson, signée Albin de la Simone, sage incarnation de la mélancolie chic. Comme un hommage discret à l’envoûtante nostalgie.



    Albin de la Simone / La crise par LEXPRESS 

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    http://www.albindelasimone.com/

     

     

     

     

  • PAGE D'HISTOIRE N°10

    Livre Histoire.jpgPourquoi, nostalgie aidant, le manuel scolaire devrait-il faire écho aux pseudo-débats de société qu’agite le microcosme politicien ? La polémique que Najat Vallaud-Belkacem, la télégénique ministre des Droits de la femme, vient d’ouvrir en s’étonnant du silence de nos livres d’histoire sur l’orientation sexuelle de nos héros nationaux illustre bien l’étrange valeur totémique que l’intelligentsia socialiste accorde au contenu des manuels scolaires.

    Il y a trente ans déjà, avec la noble idée de briser les clichés machistes, il était urgent de dénoncer le sexisme des livres de lecture représentant trop souvent Maman qui fait la cuisine pendant que Papa lit tranquillement le journal.

    Il y a vingt ans, il était de bon ton d’abolir, sous prétexte de « diversité » et par crainte de « stigmatisation », — la logomachie socialiste sait jouer de mots-code pour nous donner mauvaise conscience —, toute notion raciale dans les livres de géographie.

    Il y a dix ans, il convenait déjà de s’interroger sur la pertinence de distinguer les genres féminin et masculin dans les livres de sciences, sous prétexte que la culture, beaucoup plus que la nature, s’ingénierait à les différencier.

    Aujourd’hui, les mêmes grands esprits veulent lier le déterminisme des grandes figures de notre Panthéon national à leur vie sexuelle… Comme si l’histoire de France n’était déjà pas assez compliquée à expliquer sous le prisme des faits politiques, économiques et sociaux.

    Lyautey-01.jpgImaginons alors une dissertation d’histoire sur la vie et l’œuvre du Maréchal Lyautey. En quoi son homosexualité aurait-elle pesé sur son ambition, sur ses initiatives, sur sa conception de la colonisation ? Les collégiens(nes) et lycéens(nes) devront-ils en parallèle suivre des cours de psychanalyse pour interpréter l’influence de l’orientation sexuelle sur le destin d’un héros national ? En quoi le fait d’être homo ou hétéro influencerait-il notre perception de l’héroïsme et des vertus civiques ? Comment et pourquoi ce nouveau critère d’appréciation serait-il d’un précieux secours pour briser les tabous et lutter contre les discriminations ? Autant de questions cocasses pour alimenter un débat loufoque.

    Bientôt, au nom d’un « grand débat national sur la santé publique », les écoliers de France devront savoir distinguer qui, parmi nos grands personnages, étaient sobres ou alcooliques, végétariens ou carnivores, sensibles ou rétifs à l’hygiène corporelle, optimistes ou hypocondriaques, etc.

    Et tout cela, bien sûr, cela fera « d’excellents Français », instruits, éclairés et tolérants. Et tant pis s’ils ne savent même plus lire et écrire… Puisque là n’est plus le débat. Foi de ministre socialiste.

    § 


    Deux liens de circonstance pour appréhender la façon dont la presse aborde le sujet :

     http://www.elle.fr/Societe/News/Homosexualite-et-livres-scolaires-la-ministre-critiquee-2231716

     http://www.marieclaire.fr/,najat-vallaud-belkacem-homosexualite-manuels-scolaires-education,20123,663815.asp?xtor=EPR-62


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    Source : Lyautey (Liège, Éditions Gordinne, s.d.)

  • ACTU & NOSTALGIE N°36

    Leçon morale-01.jpgÀ chaque rentrée des classes son effet d’annonce. Et voilà que la nostalgie radote encore dans la bouche du nouveau ministre de l’Éducation en quête de posture républicaine…

    En préconisant l’introduction de la « morale laïque » dans la formation des enseignants à partir 2013, Vincent Peillon apporte sa contribution à une dialectique socialiste obsédée à l’idée de mettre en mouvement l’incantation présidentielle promettant le  « changement maintenant »

    Morale laïque ? Certes, la locution sent la naphtaline. Mais elle aurait pour vertu magique de réconcilier le personnel de l’Éducation nationale — le cœur de cible de l’électorat du parti socialiste — avec une matière dont l’honni Sarkozy a osé s’emparer. Suspecté hier de renouer avec « l’ordre moral », parce que l’initiative en revenait à un gouvernement de droite, l’enseignement de la morale deviendrait soudain une noble cause, avec la bénédiction d’un clergé médiatique acquis à la logomachie bobo-socialo.

    Morale laïque ? L’épithète joue de troublantes ambiguïtés qui semblent vider de son sens cet effet d’annonce…

    — Première ambiguïté : aussi loin que l’on remonte dans l’histoire de l’éducation, l’enseignement de la morale laïque n’a jamais existé. Aux pires moments de la croisade laïcarde, jusqu’en 1905, seul un enseignement laïc de la morale fut théorisé par les grandes figures de l’Instruction publique, dans le seul but d’affranchir cet enseignement des références confessionnelles que les Frères des écoles chrétiennes avaient distillées deux siècles durant.

    — Deuxième ambiguïté : le positionnement dialectique de cette « morale laïque » est inconnu à ce jour. S’agit-il d’une morale voulant proscrire toutes références à l’instruction religieuse, dans la tradition anticléricale du début du XXe siècle ? S’agit-il d’une morale cherchant à promouvoir un humanisme agnostique, comme s’y adonnent les loges maçonniques ? L’école du XXIe siècle se prête-t-elle à un tel obscurantisme ? Face à l’échec scolaire et à la dévalorisation des diplômes, la pédagogie moderne ne doit-elle pas livrer des combats plus impérieux ?

    — Troisième ambiguïté : une morale moderne, — aussi « laïque » se prétendrait-elle —, relèverait de priorités éducatives assez dérangeantes pour la rhétorique socialiste. Le rapport à la réussite, le sens de l’effort, la valeur du travail, le respect de l’autorité, la redéfinition d’une solidarité dissociable de l’assistanat s’érigent, plus que jamais, comme des « valeurs en hausse » à mille lieues de l’indécrottable esprit libertaire de la gauche française.

    « Il existe un fond commun de l’âme française, et sur ce fond, est bâtie, indestructible, l’école laïque », assénait l’historien Ernest Lavisse, républicain de stricte observance… « Fond commun », « âme française », « indestructible » : tout cela suggère un devoir d’assimilation, sans concession ni faiblesse. Là où « l’identité française » se rappelle gentiment à nous. Des gros mots que la gauche bien-pensante n’osera jamais prononcer parce que son électorat ne veut pas les entendre… Alors l’école laïque devra patienter un peu plus pour trouver un ministre habité d’un courage républicain.

    §


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    Quelques liens assez pertinents pour nourrir le débat :

    http://www.la-croix.com/Actualite/S-informer/France/La-morale-laique-a-l-ecole-une-question-controversee-_EG_-2012-09-02-848934

    http://www.lexpress.fr/actualite/politique/vincent-peillon-pour-l-enseignement-de-la-morale-laique_1155535.html

    http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20120903.AFP7543/enseignement-de-la-morale-laique-non-a-une-morale-gauchisante-a-l-ecole.html

    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2012/09/02/01016-20120902ARTFIG00181-des-2013-des-cours-de-morale-laique.php

    http://www.lemonde.fr/education/article/2012/09/03/redressement-moral-chatel-accuse-peillon-de-paraphraser-petain_1754877_1473685.html


    §


    Si vous voulez savoir à quoi ressemble la « vraie morale républicaine », découvrez le livre que je lui ai consacré. Un ouvrage de référence. Avec toute l’humilité que la morale oblige, bien sûr !

    Jacques GIMARD — Cahier pratique de morale (Paris, Éditions Hors Collection, avril 2009, 15,5 sur 23,5 cm, 96 pages, illustrations NB, 12 €)

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