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Mon humble avis - Page 14

  • ACTU ET NOSTALGIE N°12

    maurice-chevalier.jpgLa nostalgie aime parfois entretenir l’ambiguïté, comme en témoigne le très discret anniversaire du 3 septembre 1939, ce sombre dimanche où la France et l’Angleterre ont déclaré la guerre à l’Allemagne.

    Parce que la France n’aurait rien vu venir neuf mois durant, — ou plutôt rien voulu savoir — la mémoire populaire s’amuse encore de cette « drôle de guerre », signature pathétique de la désinvolture française face à l’ennemi, et de la confiance aveugle en notre armée invincible…

    Après le cinglant réquisitoire de Marc Bloch sur « L’étrange défaite », écrit dès 1940, inutile d’épiloguer sur la cécité politique de Blum et Daladier.

    Côté ambiance, ce 3 septembre nous deviendrait presque sympathique : la chanson éponyme de l’époque, — « D’excellents français » —, symbolise pour l’éternité le béat optimisme de nos aïeux. Témoignage consternant d’une joie communicative, à la façon gouailleuse des chansonniers. Mais l’histoire ne nous raconte pas ce que nos soldats pensaient de Maurice Chevalier en mai 1940…

    L’archéologie de l’imposture républicaine reste à inventer.

    Alors juste pour le plaisir de l’ambiguïté nostalgique, réécoutons le « p’tit gars de Ménilmontant » qui s’accommoda assez bien, paraît-il, de l’Occupation allemande.

    http://www.youtube.com/watch?v=K4SW8VIJxUM


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  • ACTU ET NOSTALGIE N°10

    01-14VII2009.JPGTelle l'histoire, la nostalgie ne se répète pas ; elle bégaie. Le défilé militaire célébrant notre Fête nationale ne déroge pas à l'adage.

    L'an dernier, un petit éclairage historique justifiait son évocation. — Cf Page d'histoire n°3 http://nostaljg.hautetfort.com/tag/14+juillet

    Cette année, l'humble badaud que je suis, cramponné aux barrières jalonnant les Champs-Élysées, a voulu vivre de près cet insigne hommage à l'armée française. Comme une séquence émotions.

    Bien sûr, ce n'est pas « comme à la télé ». Nous n'avons pas droit aux commentaires avisés du consultant de service qui assiste un journaliste bavard. Nous ne profitons pas des images aériennes retransmises par l'hélicoptère qui sillonne le ciel. Et nous ne percevons rien des mines plus ou moins réjouies des ministres alignés en rang d'oignons sous la tribune officielle.

    Vu du trottoir, ce défilé prend l'allure de la ferveur populaire, poliment acquise au prestige astiqué de notre Défense nationale. Dans la foule bigarrée, chacun y va de son petit commentaire : des seniors s'amusent à identifier le nom des chants militaires, de sympathiques touristes japonais décryptent la brochure du programme officiel, des enfants sages attendent le passage des « motos de policiers ».

    La garde républicaine, les gendarmes et les pompiers ont le privilège d'applaudissements nourris. « Comme chaque année », me souffle un quidam habitué de ce rite républicain.

    Et comme chaque année, le charme de la nostalgie opère : la Nation communie avec son armée. Parce que l'histoire sait ce jour-là nous rappeler « l'impôt du sang », en réveillant un petit sursaut d'élan patriotique sur « la plus belle avenue du monde ».

     

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    « Honneur et Patrie » : l'étendard rappelle le sens du devoir

     

     

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    La garde républicaine accompagne la voiture du chef de l'État : un protocole solennel signant l'identité française

     

     

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    Le président de la République salue à sa droite. Mais je suis sur le trottoir de gauche. Ce qui ne préjuge en rien de mes convictions...

     

     

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    Les soldats du feu : à l'applaudimètre, ils seront toujours en tête du cortège.

     

     

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    Affiche irrévérencieuse : un mauvais garçon semble narguer notre armée.

     

     

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  • ACTU ET NOSTALGIE N°9

    conseil-des-ministres.jpgLa nostalgie trouve-t-elle sa place dans la nouvelle pratique républicaine ?

    La question n'est pas incongrue lorsqu'on observe le matraque dialectique qui a accompagné le dernier remaniement ministériel.

     Bien que notre constitution, dans son article un, érige la France en une « République indivisible », assurant « l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion », le zélé clergé médiatique célèbre à l'envi une nouvelle vertu républicaine : la « diversité »...

     Le signifiant, - synonyme de richesse, de tolérance, d'ouverture d'esprit -, est flatteur, certes. Mais le signifié peine à dissimuler un artifice sémantique de langue de bois, tout acquis à la dictature émolliente du consensus.

     Diversité : ce substantif « politiquement correct » nous donne l'illusion de la parfaite représentativité de la « France d'en haut », à l'issue d'un remaniement ministériel aux allures de casting cinématographique.

     Au nom de la diversité, il convient de nommer X ou Y,  « brillantes françaises d'origine maghrébine ou africaine ». Comme si cette AOC ethnique suffisait à garantir la compétence et à démontrer la magnanimité condescendante de la Nation à l'endroit des heureux nouveaux ministres. Comme si la République devait désormais décliner le pedigree racial de ces élites, en témoignage d'une « intégration exemplaire » qui agrémente la vitrine de la modernité.

     Au nom de la diversité, il faut aussi promouvoir ministre une personnalité sympathique et populaire, étiquetée « Vu à la télé ». La proximité passe désormais, paraît-il, par le grand écran plat à technologie HD. Et la crédibilité procède exclusivement de l'audimat.

     Au nom de la diversité, il faut encore éjecter sans ménagement celles et ceux qui se sont défoncés... pour céder la place à d'autres qui se défonceront aussi, « au service de la République française ». On nous invite alors à oublier les premiers et à admirer les seconds. Parce qu'un bon citoyen doit avoir la mémoire courte.

     Comble de l'ironie, la langue de bois réveille une maxime cynique du Père la Victoire, Georges Clemenceau : « La reconnaissance n'est pas une vertu démocratique. »

     Un théorème séculaire promis à l'éternité.

    Miroir d'une époque où le langage politique assumait ses propres turpitudes. Assez de quoi nourrir un peu de nostalgie... républicaine.

     

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