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Postage & Vintage - Page 7

  • ACTU & NOSTALGIE N°68

    Mars-.jpgComme la nostalgie adore radoter qu’il n’y a « vraiment plus de saison », risquons-nous à célébrer le printemps avec la prudence qu’il commande.

    D’ailleurs peut-on vraiment faire confiance au mois de mars, avec ses trente-et-un jours capricieux qui s’amusent à déjouer tous les dictons ?

    Selon les années, il donne l’impression d’un retour à l’hiver. Ou alors il installe durant quelques jours un avant-goût de l’été, si promptement qu’il donnerait presque du grain à moudre aux prophètes aguerris du réchauffement climatique.

    Assez d’inconstance et de déconvenues pour alimenter les seules conversations qui ne fâchent personne : parler de la pluie et du beau temps.

    Déconcertant, Insaisissable, imprévisible, mars a quand même le mérite de décréter à lui tout seul que l’hiver est dernière nous. Une façon comme une autre pour nous abandonner à des « pensées positives », celles que la nature met en éveil, tel un éternel recommencement. Preuve en vers avec cette poésie gentiment médiévale qui, en notre XXIe siècle si blasé, a su garder son charme intact. Raison suffisante pour le (ré)apprendre par cœur !

     

    Le Printemps

     

    Le temps a laissé son manteau

    De vent, de froidure et de pluie,

    Et s’est vêtu de broderie,

    De soleil luisant, clair et beau.

    Il n’y a bête et oiseau

    Qu’en son jargon ne chante ou crie :

    « Le temps a laissé son manteau

    De vent, de froidure et de pluie. »

     

    Rivière, fontaine et ruisseau,

    Portent en livrée jolie

    Gouttes d’argent d’orfèvrerie.

    Chacun s’habille de nouveau ;

    Le temps a laissé son manteau

    De vent, de froidure et de pluie.

     

    Charles d’ORLÉANS

     

    Charles-.jpgÀ propos de l’auteur —

    Charles d’ORLÉANS (1394-1465)

    Au cours de sa longue captivité aux mains des Anglais, ce fils de Louis 1er, duc d’Orléans — frère de Charles VI, roi de France — s’adonne à la poésie, une passion que lui avait léguée sa mère, Valentine de Milan.

    La tradition l’érige en héritier de la tradition courtoise des trouvères.

    En vingt-cinq ans de détention, il rédigea plus de six cents œuvres, riches de chansons, ballades, complaintes et rondeaux.

     §§§

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    Printemps.jpg Source: Cours SCHWEITZER — Album de planches en couleur (Paris, Librairie Armand Colin, 1908)

  • NOSTAL-ZIK N°05

    Comme la nostalgie porte souvent un regard attendri sur les moments datés, — parfois même un peu trop figés sur leur époque —, amusons-nous à réécouter « Février de cette année-là », dans une version guitare joliment dépouillée.

    Avec sa barbe à la Bakounine, ce Maxime Le Forestier de l’année 1973 se la jouait révolutionnaire inspiré, surfant sur la mode des « chansons engagées ». Des mélodies qui n’engageaient guère que les bonnes consciences de la bourgeoisie libertaire d’alors.

    Au gré d’un texte célébrant sa date anniversaire (1949), la chanson évoque certains événements contemporains que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Et la ritournelle de nous répéter que « sur le calendrier, au mois de février, les jours allongent peu à peu »… Une bonne nouvelle à savourer chaque année qui méritait bien une chanson, sans même qu'elle ait besoin d’être « engagée » !


  • ACTU & NOSTALGIE N°67

    « La crêpe couleur d’or »

    Fevrier.jpgComme la nostalgie est assez gourmande, et que la gourmandise se nourrit bien souvent de nostalgie, n’oublions pas d’associer ce mois de février à la savoureuse tradition des crêpes que Philéas Lebesgue* a célébrée en quelques vers alléchants.

    Même si la Chandeleur est déjà loin derrière nous, n’est-il pas tentant de profiter du jour supplémentaire qu’offre cette année bissextile pour déguster encore quelques crêpes, avec juste ce qu’il faut de sirop d’érable ?

    Pas le moindre péché de gourmandise ici puisque, selon une tradition bien établie, la coutume devrait sa naissance à l’initiative d’un Pape, Gélase Ier qui, le jour de la fête de la Purification de la Vierge, demanda à ce que des crêpes soient distribuées aux pèlerins venant à Rome grossir les processions généreusement éclairées de chandelles, d’où le nom de Chandeleur.

    En 472, le même pape mit un terme à la cérémonie. La dégustation de crêpes, elle, a su résister à cette abolition. Sans doute parce que, par leur allure ronde et blonde, elles évoquent le disque solaire, comme une incantation profane au retour du printemps… Preuve que la gourmandise a toujours le dernier mot.

    *À propos de Philéas Lebesgue, notre chronique du 9 août 2013 lui consacre quelques mots, sur sa vie comme sur son œuvre. Suivez le lien — Philéas Lebesgue

    §§§

    Crepe-01.jpegLes crêpes

     La poêle en main et la figure illuminée

    Par l’âtre fauve, Aline est debout au milieu

    Du cercle qui babille en la grande cheminée.

    Dans la jarre aux dessins couleur de camaïeu,

    Œufs, lait, farine ont fait la pâte bien tournée ;

    Et saute en l’air, aux cris de l’ample maisonnée,

    La crêpe couleur d’or qui reluit dans le feu…

    Source : Philéas LEBESGUE — La bûche dans l’âtre (Paris, Mercure de France, 1923)

     

    Crepe-02.jpg

    Crepes-03.jpg