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Postage & Vintage - Page 4

  • BELLE RÉCITATION N°24

    Juin.jpgComme la nostalgie peine à se départir des poèmes bucoliques, saluons ainsi l’été qui pointe enfin le bout de son nez, avec un respect calendaire du meilleur effet.

    Poétesse naturaliste injustement méconnue, Madame Alphonse Daudet nous offre sa perception auditive du mois de Juin avec une émouvante sensibilité aux chants des oiseaux.

    Ce texte ne mériterait-il pas alors de figurer parmi les plus belles récitations saisonnières ? Avec la prouesse de conjuguer art poétique et leçons de choses.

    Raison suffisante pour (re)découvrir l’œuvre feutrée de Madame Alphonse Daudet, alias Julia Allard, dont nos colonnes ne se lasseront jamais de saluer la délicatesse.

    Cf. notre chronique précédente in — http://nostaljg.hautetfort.com/archive/2015/11/06/actu-nostalgie-n-63-5712105.html

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    Madame Alphonse Daudet — Paris, 2 mai 1893

     §

    Juin 

    Le coucou décevant chante dans les grands bois ;

    Il est ici, puis là, jamais il ne s’arrête ;

    Son vol est un circuit dessiné par sa voix

    Sonore, printanière, et pourtant inquiète ;

     

    Coucou ! le moissonneur dans le cri répété

    Compte son blé, son or, les récoltes prochaines.

    Le meunier voit tourner son moulin déjeté ;

    Le bûcheron l’écoute en regardant les chênes.

     

    Précurseurs des bienfaits de l’été triomphants,

    Il domine et fait taire aux buissons de la haie

    Mésanges et bouvreuils au romantique chant,

    La fauvette en l’allée et dans la roseraie.

     

    Qu’il chante ! Il n’a qu’un jour, une heure de soleil,

    Et l’écho pour lequel sa voix semble promise

    Avec sa double note au timbre de vermeil

    Bientôt, Juillet venant, se taira par surprise.

    Source : Madame A. DAUDET — Lumières et Reflets (Paris, Libraire A. Lemerre, 1920)

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  • NOBLE JEU & BEAU LIVRE N°9

    Légende vivante sur l’échiquier

    Echecs-Marostica.jpgComme la nostalgie ne manque jamais de savourer les rites ancestraux, associons le noble jeu à une actualité qui en réveille le plaisir.

    En septembre prochain, la ville de Marostica, située en Italie dans la province septentrionale de Vicence, proposera une nouvelle représentation d’une partie d’échecs vivants, pour honorer une tradition locale inaugurée en 1454.

    Sur la Piazza Castello, au pied du château médiéval, des personnages parés de somptueux costumes d’époque reconstituent une partie d’échecs sur un échiquier géant qui préside, tous les deux ans, à la mise en scène d’une légende locale, mêlant dilemme matrimonial et code chevaleresque.

    Deux nobles guerriers, Rinaldo d’Angarano et Vieri da Vallonara, se disputent les faveurs de la belle Lionora, fille du seigneur de Marostica, Taddeo Parisio. Le châtelain, artisan de paix, entend proscrire le recours au duel en son domaine. Il enjoint alors aux deux prétendants de livrer une partie d’échecs, dont l’enjeu sera la main de la courtisée. Geste magnanime de miséricorde : le malheureux vaincu épousera la sœur cadette, Oldrada.

    Hélas, l’histoire ne nous dit pas si les jeunes filles se pâmaient vraiment devant ces chevaliers obtus qui osent mettre leur talent échiquéen à l’épreuve des passions du cœur… Une version romantique du « noble jeu » vouée à rendre plus cruel encore le dépit amoureux ! O tempora, o mores.

    JG

    Promotion du spectacle septembre 2016

    §

    « Une récréation théâtrale »

    Dico-Echecs.jpegLes échecs vivants offrent une présentation pittoresque et spectaculaire d’une partie d’échecs dont les pièces sont des personnes vivantes se déplaçant sur un échiquier en plein air dont chaque case a un ou plusieurs mètres de côté. Cette « récréation théâtrale » a déjà une longue histoire bien que son origine ne nous soit pas connue avec précision. On sait cependant qu’en 1408 le sultan Mohammed donnait des spectacles d’échecs vivants à Grenade. De même un duc de Weimar avait installé dans son château une vaste cour de marbre pavée de carreaux noirs et blancs pour donner de semblables représentations. On se rappelle, d’autre part, que Rabelais, dans le chapitre XXV du Livre V de Pantagruel, décrit une partie d’échecs vivantes : « Comment les trente-deux personnages du bal combattent. »

    En 1934, une grande partie d’échecs vivants se déroula au stade de l’usine d’automobiles Staline, à Moscou. Des athlètes lourds (poids et haltères) figuraient les Rois ; des joueuses de tennis les Dames ; les Tours étaient représentées par des athlètes légers armés de mitrailleuses ; les Fous par des cyclistes et les Cavaliers par des lanceurs de javelots, tandis que deux équipes de football tenaient les rôles des Pions. Botvinnik, alors champion de l’Union Soviétique, dirigeait les Blancs, et Rioumine, champion de Moscou, les Noirs. La partie fut déclarée nulle au 36e coup.

    Source : LE LIONNAIS (François) & MAGET (Ernst) — Dictionnaire des Échecs (Paris, Presses Universitaires de France, 2e édition, 1974)

    §

    La partie d'échecs vivants de Marostica en 2014

    Version échiquéenne d’un Puy-du-Fou à l’italienne…

    Marostica-site.jpg

    Lien vers le site ad hoc — http://www.marosticascacchi.it/#1

     

  • NOSTAL-ZIK N°06

    En image comme en musique, la nostalgie n’aurait-elle d’autre génie que d’embellir le passé ? La question nous caresse l’esprit… et l’oreille en écoutant Bourvil chanter Joli mois de mai.

    Une mélodie hawaïenne, quelque peu incongrue, se mêle à l’ambiance glauque d’un bistro de coin de rue. Et pourtant la magie opère. Avec un talent incomparable, Bourvil prend la posture du « gentil franchouillard au cœur tendre », à l’air désabusé, brin de muguet dans la main droite et verre de vin dans la main gauche. Comme si le réconfort baladait son refrain d’une main à l’autre, à la seule idée que « le joli mois de mai connaît tant de choses puisqu’il fait naître les roses… »

    Autre temps, autre mœurs : cette chansonnette paraîtra bien niaise, aujourd’hui, à nos générations Y et Z qui aiment tant cultiver la dérision. Admettons que le charme des chansons de jadis peine à survivre à leur époque quand bien même cherchent-elles à la magnifier. Raison de plus pour les écouter : ne nous donnent-elles pas envie de partir explorer les émotions et les rêves qui trottaient dans la tête de nos parents et grands-parents ? Inépuisable trésor de la nostalgie que ce voyage dans le temps, sans oublier pour autant de savourer les belles surprises du présent