Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • ACTU ET NOSTALGIE N°4

    Constit 01.jpgLe juriste dévoyé que je suis ne peut laisser filer cette date historique, célébrant le 50ème anniversaire de notre Loi fondamentale, notre inoxydable « Constitution du 4 octobre 1958 ».

    Comme si la nostalgie avait soudain le bon goût de courtiser Thémis qui a toujours pris le malin plaisir à me tourner le dos.

     Une nostalgie qui garde un  petit arrière goût d’ennui, en souvenir des matins blafards où je me rendais à la sinistre Rotonde - l’annexe de la Faculté de droit de Clermont-Ferrand - pour suivre, dans un amphi enfumé, bondé d’étudiants chahuteurs,  un cours de droit constitutionnel à la pointe de l’année 1978. Époque où de « brillants constitutionnalistes » insistaient  sur le danger d’une « alternance politique qui serait fatale à des institutions taillées sur mesure pour le Général de Gaulle ».

    Depuis lors, l'eau a coulé sous ce pont aux ânes. L’alternance n’a même pas ébranlé nos institutions. Et les gaullistes orthodoxes, jetant l’anathème sur ceux qui osé égratigner les Tables la Loi, ont une « petite gueule bien pathétique »

    Cette nostalgie rime aujourd’hui avec ironie. La veille même de ce cinquantenaire, s’est éteint Jean Foyer, garde des Sceaux du général de Gaulle, un des pères de la Vème République, à quelques jours du discours commémoratif qu’il devait prononcer.  

    Implacable roue du temps : le Comité d’experts que Michel Debré avait réuni autour de lui pour rédiger notre texte constitutionnel, ne ressemblera bientôt qu’à un cimetière de grands juristes abandonnés à l’ingratitude de notre oublieux XXIème siècle.

    Cette même nostalgie rimera aussi peut-être avec sympathie. Si Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel, avait la sympathique idée de lever un petit secret qui me taraude. Dans mon vieil amphi clermontois, le vénérable Doyen René Chiroux insinuait avec malice que Michel Debré aurait aidé son fils Jean-Louis en lui filant en douce quelques notes sur les travaux confidentiels de la Commission consultative constitutionnelle. Une aubaine pour la thèse de droit qu’il préparait alors !

    Allez Jean-Louis, profite de ce splendide anniversaire pour lever ce petit secret de la Vème République. Avoue avec panache. Repends-toi.  Il y a prescription. La jolie Thémis ne t’en voudra pas. Et la République encore moins…

     

    Constit 03.jpg

     

    Constit 02.jpg

     

     

  • ACTU ET NOSTALGIE N°3

    Shenzou VII 03.jpgSi la nostalgie préserve bien souvent de l’oubli, elle ne parvient pas hélas à embellir la banalité. Comme le démontre cet exploit chinois que les agences de  presse  viennent de saluer poliment mais sans enthousiasme.

    Zhai Zhigang, le premier « taïkonaute » sorti 15 minutes dans l’espace : personne ne retiendra son nom. Et qui se souviendra de cette mission Shenzhou VII, confirmant l’ambition de la Chine pour la reconquête de l’espace ?

     « À la conquête de l’Espace », c’était le titre d’un album d’images que je collectionnais lorsque j’étais enfant. Sur le chemin de l’école, en fin d’après-midi, petite halte à la boulangerie du coin. Achat de « bonbons-cochonneries-colorants-chimiques », et dans chaque sachet, une belle image en carton de la Conquête spatiale. Spoutnik, Soyouz, Gemini, Appolo, Saturn V : des noms qui ont écrit une fabuleuse épopée, de splendides photos qui ont illustré de grands reportages dans les magazines « Life » ou « Paris-Match ».

     Aujourd’hui de courtes dépêches parlent de « mission accomplie » sans même prendre le soin d’en souligner la performance technologique.

     

    Pourtant, grâce à la nostalgie qui réveille juste un instant la magie de cette époque, me reviennent en mémoire les noms des deux « premiers hommes sortis dans l’espace » : le russe Alexei Leonov, et l’Américain Edward White, en 1965, à quatre mois d’écart, sous la pression d’une « guerre de froide » qui se jouait aussi en prouesses médiatiques.

    Conquête Espace.jpgCe bel album d’images, je me plais parfois à le feuilleter. Le charme opère encore, parce qu’il mettait en scène les pionniers d’un rêve millénariste.

    Mais aujourd’hui, l’An 2000 est dernière nous. La navette américaine décolle et se repose sans reportage télévisée « in live ». Et notre ami Zhai n’est accueilli en héros que par la nomenklatura communiste, comme au bon vieux temps de l’URSS triomphante.

     Comme si la nostalgie aimait remettre à l’honneur le décor suranné de la conquête spatiale. 

     

    Shenzou VII 02.jpg