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Édi-monde

  • JE SAIS TOUT N°6

    P1020828.jpgPuisque la nostalgie aime le jeu des comparaisons, profitons de cette chronique pour sourire aux efforts de vulgarisation scientifique que déployait jadis l’hebdomadaire JE SAIS TOUT à l’endroit d’une génération dont la curiosité entretenait la soif de lecture, et vice-versa.

    Dans sa chronique Album des sciences, des anecdotes marquantes, joliment illustrées, livraient des explications sur des phénomènes anodins de notre environnement, dans le même esprit esthétique que soignaient nos manuels scolaires de leçons de choses pour attirer les élèves vers les disciplines scientifiques.

    La pédagogie jouait alors de séduction avec les lois des mondes animal, minéral, végétal. Un charme intact que mon dernier opus prend plaisir à remettre en scène à partir des grandes pages inoubliables de « nos belles leçons de choses »

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    Source : JE SAIS TOUT n°6, 25 mai 1969 –  L’aventure humaine de tous les temps (Paris, Édi-Monde)

     

     

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    Source : Jacques GIMARD — Nos belles leçons de choses

    (Hors Collection, août 2013, 120 pages, 22,5 sur 28,5 cm, 19 €)

     

    NB- Nos belles leçons de choses dans la presse du mois :

    http://www.20minutes.fr/livres/1218145-20130904-nos-belles-lecons-choses-jacques-gimard-chez-hors-collection-paris-france


     

  • JE SAIS TOUT N°5

    Je Sait Tout, Édi-Monde, Hannibal, Don Quichotte, imagination, culture populaireQue la nostalgie puisse se reconnaître une vertu culturelle, il n’est plus permis d’en douter lorsqu’on feuillette le magazine JE SAIS TOUT. Pour faire honneur à son sous-titre — L’aventure humaine de tous les temps —, il nous initie aux ressorts insoupçonnés de l’imagination pour le meilleur de ce qu’elle offre : le trésor perpétuel des civilisations. Liée à la volonté et à l’audace, l’imagination trace la voie du progrès et façonne les grands hommes. Qu’elle soit habitée par l’ambition, à l’image d’Hannibal, ou portée par le rêve, à l’exemple de Don Quichotte, seule l’imagination parvient à « hausser le réel d’un ton » comme le promet notre ami philosophe Gaston (Bachelard). Une belle leçon d’instruction morale comme les publications dédiées à la jeunesse n’osent plus en servir. Parce que, depuis bien longtemps, la culture populaire déserte le terrain de l’aventure humaine, celui de l’exaltation, pour préférer le registre plus consensuel de la compassion… Là où hélas l’imagination se sent si à l’étroit.


    Je Sait Tout, Édi-Monde, Hannibal, Don Quichotte, imagination, culture populaire


    EXTRAIT —

    Ce n’est pas dans le seul domaine intellectuel que règne l’imagination en faculté maîtresse. Le personnage d’Hannibal nous le montre.  Ce grand capitaine mena au IIIe siècle avant Jésus-Christ contre les Romains de longues guerres qui sont, elles aussi, un grand moment de l’aventure humaine. Hannibal, comme Alexandre le Grand, nous prouve que l’on peut être à la fois un grand homme de guerre et un homme de grande culture, — Hannibal parlait plusieurs langues dont le latin et le grec —, aussi bien qu’un homme agissant en vue de la réalisation d’un grand idéal. L’idéalisme d’Hannibal fut certes terni par le fanatisme et la haine des Romains que lui avait légués son père Hamilcar. Tout fanatisme est assurément regrettable, mais conjugué avec la force de son imagination et de sa volonté, il permet à Hannibal de tenir tête à l’impérialisme romain, à leur haine contre Carthage qu’exprimait Caton l’ancien dans sa formule célèbre « Carthago delenda est », — Carthage doit être détruite —.

    Sans doute le fanatisme des deux adversaires trouvait-il en partie sa source dans le mépris que chacun professait pour la religion de l’autre. La mythologie simpliste des Romains pouvait paraître à Hannibal une religion bien primitive et dépourvue de mystère. Le culte carthaginois de Moloch, Tanit et Astarté, qui exigeait des sacrifices humains, semblait en revanche au Romains bien barbare.

    Nous ne pouvons faire grief à Hannibal d’avoir été un homme appartenant à une civilisation donnée à un moment donné de l’histoire. Il nous montre au contraire que seule l’imagination jointe à la volonté peut donner naissance à un grand homme. Seule l’imagination, pouvoir constant à travers les siècles de l’aventure humaine, peut aussi permettre à chacun de comprendre les autres hommes. N’est-ce pas par un effort d’imagination que nous pouvons et devons comprendre telle mentalité différente de la nôtre, telle civilisation qui n’est pas la nôtre, telle œuvre que nous n’aurions su créer nous-mêmes ? L’imagination, convenablement guidée, ne serait-elle pas synonyme de civilisation ?

     Source : JE SAIS TOUT n°5, 13 mai 1969 –  L’aventure humaine de tous les temps (Paris, Édi-Monde)


     

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