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17 mai 2016

NOBLE JEU & BEAU LIVRE N°9

Légende vivante sur l’échiquier

Echecs-Marostica.jpgComme la nostalgie ne manque jamais de savourer les rites ancestraux, associons le noble jeu à une actualité qui en réveille le plaisir.

En septembre prochain, la ville de Marostica, située en Italie dans la province septentrionale de Vicence, proposera une nouvelle représentation d’une partie d’échecs vivants, pour honorer une tradition locale inaugurée en 1454.

Sur la Piazza Castello, au pied du château médiéval, des personnages parés de somptueux costumes d’époque reconstituent une partie d’échecs sur un échiquier géant qui préside, tous les deux ans, à la mise en scène d’une légende locale, mêlant dilemme matrimonial et code chevaleresque.

Deux nobles guerriers, Rinaldo d’Angarano et Vieri da Vallonara, se disputent les faveurs de la belle Lionora, fille du seigneur de Marostica, Taddeo Parisio. Le châtelain, artisan de paix, entend proscrire le recours au duel en son domaine. Il enjoint alors aux deux prétendants de livrer une partie d’échecs, dont l’enjeu sera la main de la courtisée. Geste magnanime de miséricorde : le malheureux vaincu épousera la sœur cadette, Oldrada.

Hélas, l’histoire ne nous dit pas si les jeunes filles se pâmaient vraiment devant ces chevaliers obtus qui osent mettre leur talent échiquéen à l’épreuve des passions du cœur… Une version romantique du « noble jeu » vouée à rendre plus cruel encore le dépit amoureux ! O tempora, o mores.

JG

Promotion du spectacle septembre 2016

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« Une récréation théâtrale »

Dico-Echecs.jpegLes échecs vivants offrent une présentation pittoresque et spectaculaire d’une partie d’échecs dont les pièces sont des personnes vivantes se déplaçant sur un échiquier en plein air dont chaque case a un ou plusieurs mètres de côté. Cette « récréation théâtrale » a déjà une longue histoire bien que son origine ne nous soit pas connue avec précision. On sait cependant qu’en 1408 le sultan Mohammed donnait des spectacles d’échecs vivants à Grenade. De même un duc de Weimar avait installé dans son château une vaste cour de marbre pavée de carreaux noirs et blancs pour donner de semblables représentations. On se rappelle, d’autre part, que Rabelais, dans le chapitre XXV du Livre V de Pantagruel, décrit une partie d’échecs vivantes : « Comment les trente-deux personnages du bal combattent. »

En 1934, une grande partie d’échecs vivants se déroula au stade de l’usine d’automobiles Staline, à Moscou. Des athlètes lourds (poids et haltères) figuraient les Rois ; des joueuses de tennis les Dames ; les Tours étaient représentées par des athlètes légers armés de mitrailleuses ; les Fous par des cyclistes et les Cavaliers par des lanceurs de javelots, tandis que deux équipes de football tenaient les rôles des Pions. Botvinnik, alors champion de l’Union Soviétique, dirigeait les Blancs, et Rioumine, champion de Moscou, les Noirs. La partie fut déclarée nulle au 36e coup.

Source : LE LIONNAIS (François) & MAGET (Ernst) — Dictionnaire des Échecs (Paris, Presses Universitaires de France, 2e édition, 1974)

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La partie d'échecs vivants de Marostica en 2014

Version échiquéenne d’un Puy-du-Fou à l’italienne…

Marostica-site.jpg

Lien vers le site ad hoc — http://www.marosticascacchi.it/#1

 

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