Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

23 mars 2016

ACTU & NOSTALGIE N°68

Mars-.jpgComme la nostalgie adore radoter qu’il n’y a « vraiment plus de saison », risquons-nous à célébrer le printemps avec la prudence qu’il commande.

D’ailleurs peut-on vraiment faire confiance au mois de mars, avec ses trente-et-un jours capricieux qui s’amusent à déjouer tous les dictons ?

Selon les années, il donne l’impression d’un retour à l’hiver. Ou alors il installe durant quelques jours un avant-goût de l’été, si promptement qu’il donnerait presque du grain à moudre aux prophètes aguerris du réchauffement climatique.

Assez d’inconstance et de déconvenues pour alimenter les seules conversations qui ne fâchent personne : parler de la pluie et du beau temps.

Déconcertant, Insaisissable, imprévisible, mars a quand même le mérite de décréter à lui tout seul que l’hiver est dernière nous. Une façon comme une autre pour nous abandonner à des « pensées positives », celles que la nature met en éveil, tel un éternel recommencement. Preuve en vers avec cette poésie gentiment médiévale qui, en notre XXIe siècle si blasé, a su garder son charme intact. Raison suffisante pour le (ré)apprendre par cœur !

 

Le Printemps

 

Le temps a laissé son manteau

De vent, de froidure et de pluie,

Et s’est vêtu de broderie,

De soleil luisant, clair et beau.

Il n’y a bête et oiseau

Qu’en son jargon ne chante ou crie :

« Le temps a laissé son manteau

De vent, de froidure et de pluie. »

 

Rivière, fontaine et ruisseau,

Portent en livrée jolie

Gouttes d’argent d’orfèvrerie.

Chacun s’habille de nouveau ;

Le temps a laissé son manteau

De vent, de froidure et de pluie.

 

Charles d’ORLÉANS

 

Charles-.jpgÀ propos de l’auteur —

Charles d’ORLÉANS (1394-1465)

Au cours de sa longue captivité aux mains des Anglais, ce fils de Louis 1er, duc d’Orléans — frère de Charles VI, roi de France — s’adonne à la poésie, une passion que lui avait léguée sa mère, Valentine de Milan.

La tradition l’érige en héritier de la tradition courtoise des trouvères.

En vingt-cinq ans de détention, il rédigea plus de six cents œuvres, riches de chansons, ballades, complaintes et rondeaux.

 §§§

CahierJG - copie.jpgVous recherchez des récitations évoquant l’enfance ou le rythme des saisons ? Procurez-vous vite mon Petit Cahier de Récitations, en vente dans les bonnes librairies.

Jacques GIMARD — Petit Cahier de Récitations – Jouez à réviser vos classiques ! (Paris, Hors collection, juin 2015, 18 x 23 cm, 5 €)

 

Printemps.jpg Source: Cours SCHWEITZER — Album de planches en couleur (Paris, Librairie Armand Colin, 1908)